En fait vous me faites plaisir parce que j'aime beaucoup expliquer des choses, au départ à Montmorillon on a ouvert un atelier de graphisme et on donnait des cours à des gamins, illustration, BD.
Alors dans l'ordre :
- ben la tablette oui, mais je veux dire, tant que c'est juste pour manipuler un fichier, nettoyer 2 ou 3 trucs, c'est comme une souris, la sensibilité en plus.
C'est essentiellement du travail sur papier, je retouche pas l'encrage non plus sur ordi, à de rares exceptions, une bulle un peu plus grande, etc...
- le lavis je le fais après l'encrage, une fois que ce dernier est scanné, assemblé (scanné en plusieurs fois, case par case quand c'est possible), je l'imprime en bleu clair sur une feuille canson A3 à grain. En fait si je ne faisais que du noir et blanc, je pourrais faire le lavis sur l'encrage, et scanner le tout, mais comme dit précédemment, l'encrage a besoin en ce qui me concerne d'un papier lisse, et le lavis d'un papier à grain.
En tout cas, pas de crayonné maltraité lors de cette réalisation, il n'y a pas de planche crayonné originale sur papier, les cases sont faites une part une partant du storyboard, et le crayonné prend forme sur ordi (assemblage des scans de crayonnés éparpillés). C'est ma méthode pour l'instant, mais idéalement j'irais plus vite en faisant un crayonné plus assuré sur une seule feuille.
- Ben le dpi, c'est forcément relatif à un fichier informatique, c'est un paramètre de définition. Cela permet de savoir si un fichier, une fois imprimé sera de bonne qualité ou non.
Beaucoup de gens confondent la taille que prend une image à l'écran, avec le résultat sur le papier. Mais le dpi seul ne sert à rien, c'est un rapport entre une taille en cm et le nombre de DPI qui permet de définir la qualité d'un document à imprimer, ce qui au final se traduit par une dimension en pixels très important du fichier.
Exemple : une personne néophyte se dit, ouah mon image fait 1600 par 1200, ça rentre même pas en entier sur mon écran qui fait 1680 par 1050 pixels.
Ca a l'air de faire du A4 grosso modo, donc ça sera propre imprimé en A4. Monumentale erreur !
La définition minimum pour un document imprimé, est de 300 DPI (point par pouce, dot per inch) ça veut dire que chaque pouce du document, soit 2,5 cm à peu près, doit contenir 300 pixels pour être imprimé proprement. Donc, ramené à cette exigeance, une photo en 1600 par 1200 pixels fait en réalité 15 cm par 10 cm à 300 dpi. une photo classique et non un A4 comme l'avait laissé croire l'occupation à l'écran. C'est pour cela qu'on parle de 72 DPI pour l'affichage ordi ou internet.
Le 1600 par 1200 fait bien du A4 affiché sur l'ordi, mais à 72 dpi (je simplifie, j'ai pas vérifié en mettant une règle sur mon écran).
Du coup, un A4 à 300 DPI nécessite un fichier informatique de 2480 par 3508 pixels, ainsi de suite pour du A3, du 40x60 cm, etc...
A partir du moment où on a compris qu'un document doit avoir 300 pixels pour chaque pouce imprimé, on a tout compris.
Par contre, quand je dis que je scanne à 1600 dpi, c'est pour avoir une finesse extrême, car je scanne en noir et blanc, 2 couleurs en fait, il n'y a aucun lissage.
Ca permet de virer un résidu de retouche au crayon ou même un trait gris qui se verrait en dessous d'une retouche à l'encre blanche.
Ca ne prend que ce qui est noir, et ce qui est blanc. Ensuite, le document de travail avec le lavis est à 600 Dpi, le fait de le réduire génère un lissage des traits, à partir de la finesse de détails du 1600 dpi. Le document devient en niveau de gris (256 nuances de gris) alors qu'il était en 2 couleurs (noir, blanc).
- la table lumineuse est une adaptation fait main d'une table à dessin inclinable ikea. j'ai découpé un trou rectangulaire dedans, disposé 2 néons de chaque côté, mis une plaque en carton en dessous avec du papier d'alu collé comme réflecteur, et fait faire une plaque en verre de la taille de la table, à bords poli, pour la coller par dessus.
C'est le verre qui devient le nouveau support de dessin.

Concernant le goût pour le dessin, je suis illustrateur et j'ai quelques commandes chaque année, pas encore assez pour bien en vivre, mais j'ai une pratique courante des techniques du dessin et du graphisme sur ordinateur. Ce n'est pas qu'un goût mais un choix de vie qui remonte à loin.
J'ai pas à me plaindre parce que ça me permet de rencontrer des gens d'horizon complètement différents : Hier par exemple j'ai eu droit à une visite guidée
gratuite du musée archéologique de Civaux, qui m'a demandé de faire quelques illustrations pour un projet à l'étude, c'était très intéressant.
L'année dernière j'ai fait un plan touristique pour la cité épiscopale d'Albi, et même si c'était pénible par bien des aspects, c'est gratifiant puisque des milliers de gens l'ont entre les mains chaque année. On vient d'y apporter quelques modifications :

Mais je suis d'accord avec toi, faire de la BD ça n'a rien à voir avec l'illustration et il faut aimer ça au départ, si la seule motivation c'est de faire des jolis dessins ça ne marche pas, et on ne tient pas le coup bien longtemps parce qu'il faut être motivé. Il y a dont un cap à passer et c'est une décision à prendre et à laquelle il faut se tenir, malgré les difficultés (permance de la motivation et de l'inspiration, bosser longtemps et seul dans son coin, etc...)
Tout ceci pour illustrer que vivre de la BD doit pas être facile et qu'il faut mieux garder la possibilité de faire des boulots divers et variés en illustration.
Sinon, pour le fun, à 14 ans j'ai fait une BD de 44 pages, quasiment finie, qui s'appelait "Rally aux états-unis", prétexte à dessiner le plus de voitures possible de préférence dans des scène de crash et de cascades.
Je mets pas ça en image ici, mais voici un lien sur le forum BDtrash sur mes bd faites étant gamin (attention les premières pages c'est une BD faite à 10 ans, vous pouvez zapper vite, et c'est illisible sans les commentaires)
http://bdtrash.forumdediscussions.com/t1565-mes-bd-d-enfance-je-vous-jure-je-regrette
De la bonne BD bien débile.
Ben sinon, c'est vrai que Philippe pourrait poster ses créas aussi, il a participé aux 24h de la BD si vous voulez que je cafte un truc
